The Skies
Egyptology
clap029 - 18.04.12 - 2xLP vinyle / cd / Digital /

« A long time ago, in a galaxy far, far away… ». Comme en exergue de la trilogie Star Wars de George Lucas, ces mots auraient pu être inscrits au frontispice du premier grand-œuvre d’Egyptology, The Skies. Bâti bloc par bloc avec d’antiques boites à rythmes et synthétiseurs analogiques, depuis les basses fréquences des fondations jusqu’aux plus hautes qui effleurent les comètes, le vaisseau de haute et ancienne technologie construit par les deux architectes et archivistes Olivier Lamm et Stéphane Laporte pourrait aussi bien être l’illustration sonore d’un récit de science-fiction survenu il y a des milliers et des milliers d’années…
Les deux laborantins ont mis en commun leur amour du bruit blanc et des synthétiseurs vintage (Roland SH101, Roland MC 202, Korg MS10, Korg 700s Mini, Yamaha CS-15, Juno 106, Roland JX3P, Prophet 600, Philicorda…), tout en associant leurs différences : mélodies gracieuses cultivées en savants alambics et « utilisation extensive d’échos à bandes 60’s et de reverbs à ressort » pour le producteur « à l’ancienne » Stéphane, grande culture disco, house, techno et IDM pour Olivier, qui s’exprime largement à travers les « polyphoniques grassouillets de la première moitié des 80’s », un sens aigu du détail sonore, et l’envie de faire lentement décoller la piste de danse, et tout le bâtiment à sa suite.
Concoctés en home-studio, ces  savants mélanges émulsionnent donc mélopées scintillantes et poussières de sons synthétiques saturés sur la bande magnétique, comme de nouveaux hiéroglyphes écrits à quatre mains sur un moderne papyrus.  « Il y a une sorte de scénario qui structure l’album. Chaque morceau se retrouve correspondre à un type de séquence de cinéma (poursuite effrénée, errance de nuit, jungle urbaine, documentaire sur les déplacements des dunes, etc.), presque comme dans un disque d’illustration. » Sequel ou prequel musical d’une histoire antédiluvienne ou à venir (le récit de la construction d’une pyramide, d’un vaisseau, d’une arche ?), The Skies harmonise la mémoire des pères électroniques (Joe Meek, Isao Tomita, Mort Garson, Vangelis, le BBC Radiophonic Workshop) avec un regard d’enfant (les génériques 70’s  pour Antenne 2  de Claude Perraudin, Les mystérieuses Cités d’or, Les Maîtres du temps de René Laloux et Moebius), en un trip ascensionnel, moins rétro-futuriste, rétro-maniaque ou nostalgique, que conscient de la coexistence du passé, du présent, et du futur, dans les plus belles épopées. « Les colons de notre histoire, ce sont peut-être nos Pères. C’est le fameux vertige de La Planète des Singes. C’est un sujet vieux comme la science-fiction. Voire vieux comme les mathématiques, et le fameux paradoxe logique d’Achille et la tortue. »
« Retrofitted » comme le design du modèle Blade Runner (conçu selon les principes esthétiques en vigueur 40 ans avant le tournage et 40 ans après, tels qu’on pouvait les imaginer en 1982), The Skies passe au prisme moderniste le passé le plus lointain (l’Ancienne Egypte) et le plus fantasmé (Anciens Astronautes, Illuminati…), à cette distinction près qu’il s’agit de « l’Egypte ancienne par le biais du début du 20ème siècle », expliquent nos deux égyptologues, « d’où sont issus tous les rêves futuristes dont, finalement, les visions semi-utopiques qu’illustraient les disques de Jean-Michel Jarre sont la fin de la queue de comète. ». Moins pompières que Jean Michel Jarre, moins pierres tombales que Daft Punk, les pyramides sonores d’Olamm & Domotic sont « le résultat d’une sorte de lutte interne entre la fascination pour les sons du passé, leur mystère, leur étrangeté, leur pouvoir d’évocation, et la conviction que la simple re-création de ces sons là est d’une totale inutilité.»
Ode romantique au futurisme sépia et à la poussière d’étoile qui attend de briller à nouveau, The Skies est donc surtout un album de musiciens, élaborant une musique toute cosmique sur l’«  amour des sons synthétiques eux-mêmes ». Cet amour est le troisième terme qui réunit le duo. 1+1 =3. Trois points équidistants : c’est un triangle, c’est une pyramide.

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Crédits :
Composed, performed and recorded at home by Stéphane Laporte and Olivier Lamm between the winter of 2008 and the fall of 2010. Mixed to analog tape (24 / 2) with JB Deucher at Studios Microbe april 28 – may, 1 2011. Mastered by Cem Oral @ Jammin Masters. Artwork by pixelcrap.

this is clap029
(P) & (C) 2012 Clapping Music.
Vinyl Edition in collaboration with Desire Records.

presse

LES INROCKUPTIBLES - mai 2012
Une géométrie molle et des mathématiques songeuses : un disque d’ambiance tordue, qui s’écoute comme Lovecraft rêvait, dans l’horreur ou la simple bizarrerie, sans logique linéaire mais dans un envoûtement permanent.
NORMAN RECORDS - juin 2012
Oh wow. Where the hell did these guys come from?
PINKUSHION - avril 2012
La fascinante mosaïque sonore qui y est déployée et sa structure réfléchie font que The Skies fonctionne moins comme un hommage que comme la mise en énigme même d’une fascination pour le temps de l’histoire ; il est organisé selon un désir de vertige à repenser les origines de l’homme, un rêve qui a nourri et qui continue encore à nourrir la création.
GONZAÏ - mars 2012
L’écoute de « Skies » demeure à bien des égards l’un de ces ravissements qui donne à l’écoute des airs de prière, entre deux stations. (...) Chez Egyptology, rien ne se perd et rien ne se transforme ; leur musique vise un ailleurs. That something isn’t here. Terminus, tout le monde s’élève.
EXPONAUTE - avril 2012
Ode romantique au futurisme sépia et à la poussière d’étoile qui attend de briller à nouveau, si The Skies est d’abord un album de musiciens, élaborant une musique toute cosmique sur l’« amour des sons synthétiques eux-mêmes », on peut aussi l’entendre comme une ambitieuse tentative de réunir harmonieusement le passé le plus lointain et le futur le plus merveilleux, pour se situer pile-poil au milieu du temps, ici et maintenant, hic et nunc, sous le soleil exactement. Il est midi.