Super Forma
Orval Carlos Sibelius
Clap032 - 22.05.13 - cd / Digital / LP vinyle /

Il existe des morceaux faits pour les jours où vous vous réveillez torse nu et sans chaussures au beau milieu d’une zone industrielle et où, après 4h de galère sous la pluie, vous retrouvez le chemin de votre appartement. Des morceaux qui vous ouvrent la porte avec un sourire exalté et aimant, vous tendent une couverture qui sent bon la poudre de cade et le chocolat chaud et vous propulsent instantanément sur la 4 fois 4 voies du bonheur inaltérable. Certes, il n’y en a pas beaucoup, mais il y en a. Il existe également des morceaux que vous avez découvert un beau matin de mars et qui depuis restent invariablement associés au retour du printemps, à la lumière qui danse derrière les rideaux et à ces jours où on a presque envie de voir ce qu’il se passe avant midi. Pas beaucoup, non plus, mais il y en a, là aussi.

Et il existe des titres capables de faire tout ça en même temps, en à peine plus de 5 minutes. Pour être tout à fait honnête, je ne suis pas certain qu’il en existe plusieurs, mais j’en connais au moins un. Il s’appelle « Good Remake », il figure sur le troisième album d’Orval Carlos Sibelius et, luxe suprême, a été placé à la toute fin du disque, afin que seuls soient récompensés les valeureux et les justes. Sauf que vous n’aurez besoin ni de patience et encore moins de courage pour venir à bout de Super Forma. Un matériel en état de marche, même approximatif, suffira. Parce que même si l’objet à été ouvragé avec un soin propre aux plus cinglants coups de maîtres (pendant deux ans, en studio et sur bandes analogiques), une exubérance de disque maudit (un premier ingénieur du son a jeté l’éponge au bord du nervous breakdown, laissant le soin à Stéphane Laporte – Centenaire, Egyptology, Karaocake – de finir le mixage, et Orval lui-même, à bout de patience, a fini par enregistrer et sortir son 2ème album – Recovery Tapes – dans l’intervalle) et qu’il contient une paire de moments totalement autres, où la raison a définitivement été écartée (le psychotronique « Cafuron » et ses trompettes fuzz sonnant le pinacle de la journée la plus pourrie de l’Univers sous fond d’arpèges horrifiques), il doit sa dimension épique, toute en polychromies hurlantes et vapeurs occultes, avant tout à ses chansons, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit : de chansons.

Des chansons pour les jours où vous vous réveillez torse nu et sans chaussures au beau milieu d’une zone industrielle, bien sûr, mais aussi et surtout des chansons où le feu et la grâce tombent dru comme grêle et sans la moindre indulgence 46 minutes durant, dissolvant dans une spectaculaire averse mercurielle Byrds et Robert Wyatt (« Spinning Round »), Morricone et les Ventures (« Desintegraçao », « Asteroids »), psychédélisme italien et vents californiens (« Super Data »). La manière est radicale, le résultat terrassant. Et à la fin, alors que s’envolent les dernières notes de l’immense « Good Remake » et qu’au loin, une nation d’insectes continue à chercher son âme dans la brume du continuum pop, Orval Carlos Sibelius avance tranquilement vers la lumière avec la physionomie étrange et étincelante des acrobates, tenant entre ses mains l’enveloppe intacte d’un coeur palpitant. Pas n’importe lequel : le votre. Le voyage est à ce prix. On n’en revient pas, mais on y reste heureux. Fou, perdu, mais heureux. C’est ça ou la zone industrielle, à vous de choisir.

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Crédits :
All songs written by Orval Carlos Sibelius.

Orval Carlos Sibelius : vox, electric and acoustic guitars, bass guitar, drums, percussions, organ, electric piano, synthetizers, oud, guzheng, ukelin, autoharp, glockenspiel, tamboa, charango.
Arnaud Caquelard : bass guitar (02, 07), tibetan bells (08)
Lori Schonberg : drums (02, 07), trumpet (02, 05), harmonium (04, 09)
Raphael Seguin : piano (02), tremolo guitar (03), philicordia organ (03, 05, 10), synthetizer (09)
Bertrand Auguste Mougel : percussions (02, 04, 05, 06, 09, 10)
Stéphane Laporte aka Domotic : bass guitar (10), percussions (07), drum machine (07), flute (07)
Dick Turner : trombone (02, 07)

Produced by Raphael Seguin, Orval Carlos Sibelius and Domotic.
Recorded by Raphael Seguin + additional recordings by Orval Carlos Sibelius and Domotic.
Mixed by Domotic.
Mastered by Chab at Translab.

Pic by Antoine Lepoutre. Artwork and layout by Pixelcrap.
Executive production by Julien Rohel / Clapping Music.

this is clap032
(p) & (c) 2013 Clapping Music

presse

Les Inrockuptibles - mai 2013
D’une densité folle, poussant le psychédélisme dans ses méandres les plus psychotropes, changeant d’humeur, d’instrumentation, d’atmosphère, de continent, de galaxie d’une chanson à l’autre, ou souvent sur un même morceau, Super Forma, invoquant les fantômes de Love, Pink Floyd, les Beatles, King Crimson, Morricone, Robert Wyatt, bien d’autres, est un impressionnant disque-labyrinthe, un trip intergalactique, un album d’une immense élégance, incroyablement abouti et produit avec un pointillisme admirable, qui jette toutes ses influences dans un maelström unique et dont l’esprit, chamboulé, ne sort pas tout à fait indemne
Magic rpm - mai 2013 - album du mois
Ce disque est un putain de luxe qui va faire méchamment déguerpir l’hiver, une évasion de la prison de l’ordinaire. Il mitraille le plat, le fade, par sa densité et sa virtuosité. Symphonie pour adolescents qui le seront toujours, Super Forma s’invite au banquet des disques essentiels. Sa seule et unique place.
Telerama - juin 2013
Fruit d'une longue maturation et fidèle aux procédés analogiques hors d'âge, cette musique kaléidoscope fait oublier qu'il y a eu trente ans entre Soft Machine et Flaming Lips — et quinze autres depuis. (...) Elle est bien plus qu'un « good remake », titre du feu d'artifice qui embrase la fin du trip et vaut à lui seul l'expédition.
Hartzine - juillet 2013
Odyssée musicale à tiroirs ne révélant ses merveilles que par infimes touches écoute après écoute, Super Forma s’inscrit donc dans cette lignée des disques rares, ceux-là mêmes générant l’envie de les partager avec nos plus proches amis tout en ayant le regret de ne pouvoir les garder pour nous seuls. Clapping Music, après The Echo Show de Yeti Lane l’année dernière, sort donc sa seconde merveille absolument inclassable… et donc indispensable. Ces œuvres riches s’appuyant sereinement sur le passé et le présent pour mieux envisager le futur. Ne cherchez plus le vrai renouveau de la scène française, il éclate enfin au grand jour, discret et talentueux, originel et original, la marque des (super) grands.
Pinkushion - mai 2013
Et si le meilleur disque psych’n’pop de l’année était français ? On y croit très fort à l’écoute de Super Forma, l’ambitieux troisième opus d’Orval Carlos Sibelius.
Ground Control to Major Tom - mai 2013
Puisqu’il faut se justifier, on peut dire avec une certaine dose d’emphase que nous sommes en présence d’une épiphanie de psychédélisme moderne. Un peu comme l’étaient à leur époque S.F Sorrow des Pretty Things ou The Pipers At The Gates Of Dawn de Pink Floyd. Super Forma est de la même trempe et devient aussi essentiel que ses ainés.
Mouvement.net - juin 2013
Ayant déjà quelques belles anomalies derrière lui, Orval Carlos Sibelius – dont le nom est à lui seul un flagrant délice – nous propulse avec Super Forma, troisième album joyeux et futuriste, dans un étincelant dédale aux multiples résonances musicales. Bienvenue dans la énième dimension.
Mowno - juin 2013
(...) On ne passera pas plus de temps à disséquer ce long format morceau par morceau tant il réhabilite la notion d’album. Oeuvre à part entière, »Super Forma » est de celles qui font mouche immédiatement avant de progressivement dévoiler l’ensemble de leur richesse.
Dum Dum - Top Albums 2013 #7
(...) une œuvre belle et abracadabrantesque, un album totalement en roue libre où des dédales instrumentaux enveloppent de petits bijoux de pop pointilliste, d’intentions stellaires et de guitares psychédéliques.
Bong Magazine - mai 2013
Somptueux Aleph psychédélique, Super Forma installe son auteur à la table des grands virtuoses pop.
Benzine - mai 2013
Domestiquant l’aspect sauvage de son laboratoire musical aux racines 70′s, ce disque au son spatial aux allures de voyage interstellaire dévoile une vraie dimension de galaxie pop, affichant une ambition en fait plutôt rare sur le territoire français. Avec son utopie rétro-futuriste, Orval Carlos Sibelius semble vouloir abolir le temps et l’espace et faire se rencontrer les mille facettes du rock, la pop céleste des Beach Boys avec l’onirisme psyché de Syd Barrett autant que la pop mutante des brésiliens d’Os Mutantes avec le rock sous psychotropes de Primal Scream.