quinn to new relationships
Ramona Córdova
clap039 - 09.10.13 - cd / Digital / LP vinyle /

Sept ans après The Boy Who Floated Freely, ce deuxième opus très subrepticement conceptuel (même si le seul concept avoué par l’artiste est “essayer de finir un deuxième album”) n’en est pas moins un vrai album à fleur de derme, un brûlot de sensualité dont les chansons existent moins par les grilles d’accord qu’elles enchaînent plus ou moins hasardeusement que par la ronde des évènements que Ramon y joue au premier plan, par la voix, par les gestes, par les étranges acrobaties sur la guitare ou le piano.
Ça s’entend distinctement dans les arrangements en contrepoints du violoncelliste surdoué Gaspar Claus (In Finé) et de ses compagnons Dom La Nena (violoncelles) et Marina Voznyuk (piano, clavecin) : ici, point de tapis ou de pizzicati rincés par 50 ans de pop music mais une mousse d’événements plus ou moins classiques, plus ou moins sensés qui doivent autant à la baroque pop de The Left Banke et The Zombies qu’à la musique improvisée la plus aride mais qui arrangent surtout idéalement le torrent de sentiments contradictoires et jusque-là inexplorés dans la pop music des chansons. Il fallait au moins ça pour illustrer une chose aussi intense et personnelle qu’un journal intime amoureux – même si ce dernier est intégralement chanté en codes, pour ne pas importuner les tierces parties qui y sont plus ou moins directement concernées.
En sept ans, Ramon n’a pas seulement grandi, mûri, muté: il a fait muer sa voie d’artiste. On jette même sans peur à l’auditeur un défi: trouver un équivalent dans tous les champs actuels, indie, super souterrains ou mainstream, à l’étrange petite cabane de Ramona Córdova. Sept ans de réflexion, sept ans de voyage à tâtons dans le noir, c’est exactement le temps qu’il faut aux chanteurs de folk music pour devenir des grands artistes tout court. Et la bonne nouvelle c’est que depuis qu’il a grandi, Ramon ne pense plus qu’à une chose, c’est l’avenir.

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Crédits :
Performers are  :
– Ramón V.A. (voice, guitar electric, synth)
– Marina Voznyuk (harpsichord-spinet & piano)
– Dom La Nena (cello)
– Gaspar Claus (cello)
All songs written by Ramón V.A.
Cello arrangements by Dom La Nena & Gaspar Claus
Harpsichord-spinet arrangement by Marina Voznyuk
Harpsichord-spinet arrangement by Ramón V.A. & Marina Voznyuk
Piano arrangement by Ramón V.A. & Marina Voznyuk

Recorded summer 2012, Saint-Brevin-les-Pins, France, by Antoine Lacoste
Mixed & Mastered by Antoine Gaillet
Graphic design by Cécile Binjamin, texts in History (designed by Peter Bil’ak) & Cyclone (by Hoefler & Frere-Jones)­

this is clap039
(p) & (c) Clapping Music / Murailles Music 2013

presse

LES INROCKUPTIBLES - octobre 2013
Ramona Cordova fait partie de ces artistes dont l'existence rend
heureux, dont les chansons savent nous trouver dans les moments
importants, qui rendent militants (...)
MAGIC - novembre 2013
Musique d'une chambre inconnue où l'on entend des haïkus réinventés faire vibrer la voûte céleste. Musique farouchement vierge et insaisissable que l'on poursuit de rêve en rêve dans un pavillon dressé d'or.
LA BLOGOTHEQUE - octobre 2013
On le sent plus apaisé, plus sûr, plus mûr, mais la tête toujours pleine de danses imaginaires, de polka de poupées, et la voix toujours aussi inhumaine, gamine et forte à la fois.
FOCUS VIF - décembre 2013
(...) un disque léger, céleste, empreint de grâce et de délicatesse. Magique pour ceux qui parviendront à s'y perdre, franchement irritant pour les autres. Un album qui ne laissera pas indifférent.
PULSOMATIC - novembre 2013
Epaulée par un piano joueur et des cordes graciles, cette castra-folk donne l'impression d'évoluer dans une bulle, insensible aux moqueries et à la mesquinerie du monde réel.
INTERLIGNAGE - octobre 2013
Quinn to New Relationships est typiquement le genre d’album qui en garde sous la pédale, et en donne un peu plus à chaque écoute – sans rien perdre de sa spontanéité et pour autant qu’on n’arrête pas de l’écouter au bout de trois semaines, comme c’est devenu la norme dans ce monde étrange dont nous parlions plus haut. De là à tenir sept longues années avant d’entendre son successeur, il y a probablement une marge. Mais un bon moment, sans aucun doute.
SILENCE AND SOUND - septembre 2013
C’est dans un écrin de velours que semble avoir été tissées ses compositions au minimalisme poignant et à l’étrangeté parfois trompeuse, merveilleuses poésies en forme de déchirure astrale qui joue avec nos sens, ouvrant en grand les portes d’une intimité en clair/obscur saupoudrée de lumière enivrante. Un opus que l’on écoute les yeux fermés, plongeant vers les profondeurs d’une l’humanité à la sensibilité exacerbée, en proie aux affres de la beauté. Splendide.